31 mai 2023

Comme hier, aujourd’hui et sans doute demain, il fait un temps splendide pour se la couler douce. Adil Σ va régulièrement au château de Courcelles, un grand parc arboré avec pelouse, situé à côté du jardin botanique et à cinq minutes à pied de chez lui. Avant, il aimait bien aller au jardin botanique, mais le parc du château de Courcelles est beaucoup plus tranquille, surtout en semaine.

Aujourd’hui, de nombreux militaires en costume beige ont déjeuné au restaurant du château. Adil Σ aime y prendre un bain de soleil en bouquinant ou parfois en écoutant de la musique. En ce moment, il écoute le dernier album 3 d’Acid Arab. Les espaces du château sont actuellement investis par Patrick Moya, un artiste qui vit et travaille à Nice. Quand il avait 17 ans, Adil Σ accrochait des toiles luminescentes de cet artiste aux Dolly Party, des soirées festives organisées dans les boîtes de nuit de la Côte d’Azur. Adil Σ décorait la salle pour l’événement, qui avait lieu chaque mois.

Dans le quartier du Sablon, à Metz, se trouve le restaurant MOYA. Adil Σ passe devant régulièrement, mais il n’y entre plus. MOYA est aussi un artiste virtuel remarquable : il a créé tout un univers sur Second Life. Par exemple, il a recréé le château de Courcelles et son exposition dans son monde virtuel, que chacun peut visiter en se créant un avatar. À Montigny‑lès‑Metz, l’exposition se termine le 2 juillet 2023.

28 mai 2023

Sur le retour à Metz, en ce dimanche de Pentecôte, Adil Σ voulait faire une petite introduction à son séjour, il y a dix jours, à Bruges, en Belgique.

Dans les Flandres, la ville de Bruges et ses environs forment une région riche du nord de l’Europe, vivant principalement du tourisme et de son port maritime. Dans les rues, on trouve de nombreuses chocolateries, des monuments religieux et des musées qui mettent en avant son histoire et son passé prestigieux. Même si elle est entièrement rénovée, pour Adil Σ, la ville semble figée dans le temps. On y trouve le musée Dalí ou encore le musée de la Torture. À l’époque, les gens étaient barbares et inventifs pour punir : il suffisait d’une tache de naissance ou d’une anomalie sur le visage pour être brûlé pour sorcellerie. De nombreux instruments de torture étaient présentés, comme la Vierge de Fer ou le Taureau d’Airain. Heureusement pour lui, Adil Σ n’a pas vécu à cette période… même s’il n’aurait pas non plus aimé vivre en 2140.

Adil Σ est allé à Bruges pour assister à la procession du Saint‑Sang, un cortège religieux qui existe depuis le Moyen Âge, célébré le jour de l’Ascension, pour commémorer une relique qui contiendrait le « sang » du Christ.

26 mai 2023

Impossible d’aller à Paris sans passer par le Centre Pompidou, qui fermera bientôt temporairement pour une durée de cinq ans après les Jeux olympiques de 2024. Adil Σ a d’abord visité l’exposition consacrée à la sculptrice Germaine Richier (1902‑1959), où il a eu un coup de cœur pour les sculptures intégrant du verre coloré. Son travail lui rappelait certaines œuvres de César, comme La Chauve‑Souris au musée des Beaux‑Arts de Nancy.

Dans la seconde partie, il a découvert l’exposition sur Norman Foster, architecte du cabinet Foster + Partners, connu pour ses constructions utilisant des énergies propres et pour ses infrastructures immenses : gratte‑ciel, aéroports internationaux, ou encore le viaduc de Millau. Ses réalisations s’adaptent aux conditions climatiques, même les plus extrêmes — y compris dans l’espace. Les différentes salles présentaient des croquis, des maquettes d’une sophistication incroyable et des vidéos futuristes. En découvrant son travail architectural, Adil Σ a approuvé ce conseil : « si vous regardez loin vers l’avenir, vous devez déjà regarder loin dans le passé ».

Pour terminer sa journée à Paris, Adil Σ a fait un saut à la librairie LGBTQI+ et généraliste Les Mots à la Bouche, où il s’est procuré une revue saisonnière pour hommes ainsi que Le Dialogue, une conversation nocturne et amoureuse entre deux amants, écrite par Simon Johannin et récemment publiée aux éditions Allia.

25 mai 2023

Encore à Paris, sous un temps très agréable, Adil Σ a commencé la journée par la visite du musée Guimet, le musée des arts asiatiques. Il a eu le privilège d’admirer les expositions temporaires Médecine d’Asie et Hiroshige. La médecine asiatique étant préventive, Adil Σ, adepte de la moxibustion et des massages Tuina, aimerait prochainement essayer les ventouses pour éliminer les toxines. Il a également vu de jolis talismans de protection, qui lui ont donné l’idée d’en créer de nouveaux inspirés des neuf planètes. Quant au bleu de Prusse utilisé par le peintre japonais Hiroshige dans ses estampes, il le trouve particulièrement harmonieux. Adil Σ a remarqué que la plupart des estampes et éventails provenaient de la collection Georges Leskowicz. Il préfère largement Hiroshige à Hokusai.

Toujours dans le 16ᵉ arrondissement, Adil Σ s’est rendu à quelques pas de là, au Musée d’Art Moderne de Paris, où il a vu la rétrospective consacrée à Anna‑Eva Bergman, artiste suédoise et épouse de Hans Hartung, qu’il avait découverte l’été dernier dans leur fondation privée récemment ouverte au public sur les hauteurs d’Antibes — un lieu paisible entouré d’oliviers. Au fil des années, les peintures de cette artiste sont devenues de plus en plus sobres et méditatives. Anna‑Eva Bergman disait en 1950 : « Le véritable secret de l’art ne réside pas dans la volonté de créer, mais de laisser quelque chose se créer à travers soi. »

Par la suite, Adil Σ a décidé d’aller au château de Vincennes, monument historique situé à l’est de Paris. Lieu chargé d’histoire, il fut aussi la demeure des rois de France. Actuellement, la chapelle du château est investie par l’artiste portugaise Joana Vasconcelos, qui y a installé un Arbre de Vie entièrement confectionné à la main. Le donjon, qui servit également de prison royale, a accueilli de célèbres prisonniers comme le marquis de Sade. Autrefois, la censure était courante et l’on pouvait être emprisonné facilement pour toute critique jugée contraire aux mœurs, comme l’écrivain Denis Diderot, incarcéré pour sa Lettre sur les aveugles à l’usage de ceux qui voient, considérée comme contraire à la religion.

Pour terminer sa balade parisienne, Adil Σ est allé à la Philharmonie de Paris, où il a passé un moment très agréable à l’exposition Basquiat Soundtracks, consacrée à Jean‑Michel Basquiat, qui était aussi musicien : il jouait de la clarinette et appartenait au mouvement underground new‑yorkais. Ses premières créations artistiques étaient des cartes postales. Adil Σ a beaucoup apprécié l’initiative inclusive du musée, qui a mis en place des dispositifs tactiles destinés aux non‑voyants.

Enfin, à Belleville, il s’est acheté un chapelet islamique aux perles de verre multicolores.

24 mai 2023


En ce moment, Adil Σ est à Paris. Il vient de temps en temps dans la capitale pour faire le tour des musées. Il a d’abord été à la Monnaie de Paris, où il a vu une exposition sur « l’argent dans l’art », avec des artistes et surtout des œuvres très bien choisies, comme un tableau anonyme du XVIIᵉ siècle représentant la tulipomanie. En Europe, cet épisode fut le premier crash boursier de l’histoire et la première grande spéculation financière : auparavant, les bulbes de tulipe se vendaient à prix d’or. Adil Σ a particulièrement apprécié l’œuvre de l’artiste conceptuel allemand Hans Haacke, qui représente dans une photographie la lettre « M » de Luca Pacioli, mathématicien italien né en 1445 et auteur de De Divina Proportione, le premier traité connu sur le nombre d’or.

Par la suite, Adil Σ est allé à la Fondation Louis Vuitton, où il a visité l’exposition Basquiat x Warhol. Même s’il n’est pas un grand admirateur d’Andy Warhol, il a apprécié sa collaboration avec Jean‑Michel Basquiat. Adil Σ s’est ensuite rendu au musée du Quai Branly, près de la tour Eiffel, où il a vu une exposition sur l’art aborigène et une autre sur les kimonos ancestraux japonais. Dans sa vie, le Japon n’est jamais très loin : à Metz, les Messins ont la chance d’avoir le Centre Pompidou‑Metz, inauguré en 2010 par l’architecte japonais Shigeru Ban et Jean de Gastines. Au musée Branly, Adil Σ a été en extase devant un tableau de fils huichols attribué à Ramón Medina Silva, l’artiste qui a créé son « soleil vert ».

Pour finir la journée, il a visité la cathédrale‑basilique Saint‑Denis, dernière demeure funéraire des rois et reines de France depuis le Moyen Âge. C’est un lieu chargé d’histoire, où, ces derniers jours, des travaux de rénovation pour reconstruire la flèche de la basilique ont permis de découvrir une nécropole gallo‑romaine et médiévale. 🕊️